Au Nid de Brebis

Le Nid de Brebis


mardi 9 mai 2017

Le manuel des bergers vol. 2 est sorti !!!

INFO :
Le manuel des bergers d'alpage volume 2 est sorti !!!
A commander là :
manueldesbergers.fr
ou Anne 06.33.54.01.47.
ou à la boutique de la Maison du berger de Champoléon (05)
Bonne lecture !!!

samedi 6 mai 2017

"Une bergère contre vents et marées", épisode 15

"Une bergère contre vents et marées", épisode 15: Le terroir, le marin et le paysan

Mis à jour le 05/05/2017 à 16H39, publié le 05/05/2017 à 16H23
Bergère 15 photo une© Claude Hubert
Le terroir se déguste à toutes les sauces. Ce terme vendeur atteste vaguement des qualités gustatives d’un produit, ou de son ancrage traditionnel. Et il résonne bien avec les notions de "bio" ou "circuit court"… Mais qu’est-ce donc exactement, le terroir?
Le "terroir" est cette alchimie un peu irrationnelle entre des paramètres géographiques et les pratiques agricoles qui les mettent en valeur. C’est la définition à laquelle j’aboutis après plusieurs années de questionnement sur cet impalpable sujet.
Les facteurs naturels locaux constituent ses ingrédients, comme, par exemple, la combinaison du sous-sol qui archive sa mémoire géologique. Les roches érodées, minéraux éteints, cours d’eau détournés ou couches d’argiles néolithiques, façonnent la terre sur lequel poussera la carotte, ou la céréale qui sera mangée par la vache. L’éventail des sols est un incroyable catalogue de couleurs, de granulométries et de formules chimiques.
Bergère 15 visuel 1© Claude Hubert
Mes prairies se trouvent à la confluence de dunes, de prés-salés et de landes. Même si tous les éleveurs rêvent d’une terre "de bocage" riche et fertile, la spécificité de mes champs donne leur personnalité à mes agneaux. Les herbus salés, riches en vitamine E antioxydante, vont permettre une conservation plus longue de la viande, tandis que les carbonates de calcium influent sur le gras qui est plus blanc, et même une moelle épinière plus sèche. La végétation littorale contient moins d’eau, est plus concentrée, ce qui génère une chair plus dense, qui fond moins lors de la cuisson.
Les bons bouchers sont capables de relater la vie de l’agneau rien qu’en interprétant sa carcasse!
Bergère visuel 2© Claude Hubert
L’influence du vent iodé est incontestable, et se voit à l’œil nu, puisque les moutons de prés-salés vivant dehors sont plus blancs que les autres, décolorés par le sel. Comme les marins qui deviennent blonds sous l’effet du soleil et du vent salé.
Bergère 15 3© Claude Hubert
Les paramètres tels que la composition de la terre, le vent dominant, la pluviométrie ou le taux d’ensoleillement sont incontournables, mais pas suffisants pour façonner un "terroir".Celui qui le cisèle comme un orfèvre, c’est le paysan. Par ses constats, par les habitudes traditionnelles, par le bon sens que lui dictent les aléas géographiques. Par son choix de variétés de légumes, semés à tel moment et récoltés à telle date,  son choix technique du travail de la terre: avec quels fertilisants et quels outils, qui modifieront différemment la vie bactériologique de son sol. Quelle parcelle drainer? Afin de la rendre moins humide, mais on perdra ce batracien qui se nourrissait de cet insecte qui du coup, fera des dégâts dans les cultures.
Bergère 15 4© Claude Hubert
Abattre une haie, ou la replanter, ouvre et ferme les espaces de vie d’une microfaune invisible qui a des répercussions indirectes sur toute une chaîne alimentaire composée de rongeurs, d’oiseaux, d’insectes coprophages et de charognards.
Ces petits écosystèmes voient leur équilibre évoluer au fil des interventions humaines, et sans porter de jugement binaire (c’est bien de replanter une haie, ou  c’est mal de drainer une parcelle), je trouve passionnant d’essayer de comprendre l’incidence de ce jeu de dominos sur le goût final de ce qui atterri dans notre assiette.
Bergère 15 visuel 5© Claude Hubert
J’envisage mes agneaux comme des bouteilles de vin!
 Millésimés et composés d’un seul cépage, issus de la parcelle la plus noble, ou fruits d’un assemblage subtil, ayant navigué sur des prairies de démarrage, puis d’autres de finition, imprégnés de manière inégale des embruns et de la saveur d’une herbe azotée, chlorophyllée, ou sucrée… La nuance aromatique de leur viande résulte de tous ces phénomènes, mais aussi de ma "patte". Si je juge certains d’entre eux trop indolents, je les chouchoute davantage dans des prairies trois étoiles. Si leur mère est amicale, elle vient plus vite à ma rencontre et accède aux meilleurs herbages. Si elle est une jeune agnelle délurée, le petit apprendra plus vite l’autonomie qu’avec une vieille mère poule. Si c’est un pur avranchin, race menacée, j’avoue être plus à l’écoute de ses besoins. D’ailleurs, leur chair différera légèrement selon la race, tout comme leur capacité à restituer les arômes du milieu dans lequel ils grandissent.
Le choix d’élever une race locale, adaptée à un environnement, me semble un des leviers les plus cohérents pour que l’animal résonne harmonieusement avec son biotope. Il n’existe pas de vocabulaire culinaire pour le décrire, mais je suis persuadée que la saveur d’une bouchée est plus sincère, plus positive, plus "complète", qu’une bouchée de viande d’une race dite moderne, sélectionnée pour sa rentabilité et son adaptabilité à toutes les géographies.
Par mille petites décisions quotidiennes, le paysan influe sur sa connexion avec son environnement.
Bergère 15 visuel 6© Claude Hubert
Je me demande souvent comment évoquer cette notion de terroir, comment en restituer un petit morceau par une image, des mots, un nom de lieu, une gamme de couleurs?
Je ne peux pas accrocher un album photo sur chaque agneau vendu, mais je peux communiquer auprès du boucher sur ma manière de les élever. Car c’est lui mon porte-parole auprès des clients.
J’élabore en revanche moi-même la communication autour de mes infusions, car ma gamme de produits est née de l’envie de capter et fixer les fragrances et les couleurs des prairies. Comme des extraits de paysage. Comme des supports au souvenir de s’y être promenés en vrai. Comme des cartes postales en odorama.
Je m’octroie une créativité sans contrainte (dans la mesure de mes compétences graphiques) pour mettre en scène des moutons dans les textures que je trouve les plus représentatives des ambiances paysagères. Si le vert et le bleu-gris dominent l’horizon cotentin, la courbe chromatique des fleurs et références moutonnesques est sans limite…
Bergère 15 visuel 7© Stéphanie Maubé

vendredi 5 mai 2017

Formation des bergers

A L'ATTENTION DES BERGERS(E)

La fédération des alpages de l'Isère et l'association Pâtres des Alpes du Nord vous invitent à participer à 

leur session de formation continue annuelle les 22, 23 et 24 mai 2017 à la Cote St-André.

Programme: contrats de travail, soins vétérinaires, contention ovins et bovins.

 Renseignement :F.A.I, 04 76 71 10 20.

mercredi 3 mai 2017

"Une bergère contre vents et marées", épisode 14

"Une bergère contre vents et marées", épisode 14: Bergère légère...

Mis à jour le 28/04/2017 à 18H21, publié le 28/04/2017 à 11H50
Bergère #14
En cette période d’entre-deux tours d’élection présidentielle, l’ambiance des campagnes n’est pas très aérienne. Évoquer quelques personnalités de bergères et l’iconographie de cette profession me semble bien plus rigolo que de s’appesantir sur les choix politiques dans nos villages…
De nos jours dans les campagnes, l’appellation "bergère" ne renvoie pas à une éleveuse de moutons mais à un flirt. Quand un célibataire s’entend dire:
Samedi soir, tu viens avec ta bergère?
ce mode relationnel n’indique pas qu’il s’agit de la femme de sa vie, mais plutôt d’une dépanneuse sympa.
Si la bergère temporaire se trouve justement élever des moutons, le gars s’entend immanquablement dire:
Ha ha ha, je te sers un Berger blanc plutôt qu’un Ricard, alors!
L’impayable humour agricole!
Bergère 14 2
En fait, il y a très peu de véritables bergères, car ce métier consiste à surveiller le troupeau et être salariée pour cela. Cette pratique est encore développée en montagne de manière saisonnière, mais plus du tout sur les plaines, où la surveillance du troupeau est assurée par l’éleveur, qui a un statut de "fermier" et gère le fonctionnement de toute l’exploitation.
Outre la surveillance du troupeau, le travail pastoral consiste à mener quotidiennement les animaux dans la meilleure herbe, à de l’eau potable, à l’ombre quand il fait chaud, à l’abri quand le vent est fort, et à assurer les soins quotidiens: couper les ongles de pied, soigner les bobos et consoler les agneaux perdus. Les éleveurs qui pratiquent le pâturage d’espace naturels assurent donc un vrai travail de berger en plus de la gestion des affaires de la ferme.
Bergères vues par Jean-François Millet et Eugène Chigot.
Bergères vues par Jean-François Millet et Eugène Chigot.
Les troupeaux comptent aujourd’hui des centaines de brebis, mais à l’époque où les fermes étaient petites et diversifiées, et la main d’œuvre de moindre valeur, il échoyait à l’idiot du village ou l’innocente de la famille de garder le petit bétail. Eventuellement à la grand-mère qui n’en finissait plus de ne pas mourir, bouche à nourrir qu’on ne savait comment valoriser autrement. Car ce job ne requérait ni qualification particulière ni plan de carrière. Juste savoir s’occuper seul.
Souvent sans éducation et simplettes, ces jeunes filles s’ennuyaient sans doute affreusement, seules toute la journée sur les chemins à tournicoter un brin de laine sur leur fuseau. Ce qui expliquerait cette réputation de galante et facile compagnie qu’elles représentaient.
Qu’est-ce qui a pu tant plaire à Marie-Antoinette dans cette imagerie de jeune fille en sabot et haillon, pour se grimer en bergère de pacotille dans son petit Trianon aussi champêtre qu’Eurodisney, enrubannée de mousseline fleurie?
Images du film "Marie-Antoinette" (réalisation Sophia Coppola).
Images du film "Marie-Antoinette" (réalisation Sophia Coppola).
Jeanne d’Arc n’existait pas encore en tant que telle, puisque sa légende de jeune bergère de Domrémy entendant des voix n’a été développée que bien plus tard. D’ailleurs, elle n’était vraisemblablement pas la vierge éthérée qu’on imagine, mais une costaude à gros bras qu’on ne peut pas faire tomber de son cheval.
Dans la catégorie sexy, il y aurait plutôt l’Esméralda de Victor Hugo ou Manon des Sources. Point commun: discutent avec leurs chèvres, cascade de longs cheveux et hygiène douteuse. Des sortes de comtesses aux pieds nus, qui envoûtent les hommes simples d’esprit.
Images des films "Notre-Dame de Paris" (réalisation de Jean Delannoy) et "Manon des Sources" (réalisation de Claude Berry)
Images des films "Notre-Dame de Paris" (réalisation de Jean Delannoy) et "Manon des Sources" (réalisation de Claude Berry)
Après 1968, quelques bergères convaincues et militantes arpentent le Larzac en peau de mouton retourné, mais pas très coquettes.
Au cinéma, "Hiver Nomade" nous a récemment présenté une bergère éphémère, embauchée par amour dans la transhumance d’un troupeau sous la neige suisse. Et une bergère de l’extrême en Himalaya. Même si marcher réchauffe assurément les pieds, comment font-elles pour tenir avec ce froid?
Images des films "Hiver Nomade" (réal isation de Manuel von Stürler) et "La Bergère des Glaces" (réal isation de Stanzin Dorjai Gya et Christiane Mordelet)
Images des films "Hiver Nomade" (réal isation de Manuel von Stürler) et "La Bergère des Glaces" (réal isation de Stanzin Dorjai Gya et Christiane Mordelet)
Les bergères modernes relèvent de la haute sportivité, avec leur force de caractère et leur attirail de trekkeuse. Ou leur look d’épouvantail quand il fait chaud-froid-chaud.
La fermeté du contour de l’œil en prend pour son grade avec le soleil et le vent, mais le sentiment de liberté dans de grands espaces est intact. Solitaires et cuisses altières, elles sautent-mouton ou les rentrent à la chaumière. Bergères des mères et bergères sans terre vivent affranchies de l’apesanteur, éternellement légères.
Céline Habar (photo Vincent Verrier) et une bergère anonyme.
Céline Habar (photo Vincent Verrier) et une bergère anonyme.
Et je ne saurai finir sans citer quelques délicieuses futilités qu’évoque encore le mot "bergère" …
Bergère 14 8

"Une bergère contre vents et marées", épisode 13

"Une bergère contre vents et marées", épisode 13: La diversification et le saut d'obstacles

Mis à jour le 21/04/2017 à 20H04, publié le 21/04/2017 à 11H50
Bergère 13 1© Claude Hubert
"Diversifier sa production": c’est le conseil le plus prodigué par les revues techniques, les conseillers de gestion, les discours officiels, et les consommateurs bobos (qui aiment bien donner leur avis technique aux agriculteurs). Je suis également convaincue que créer des passerelles avec d’autres activités est l’avenir des petites fermes comme la mienne…
            Mon texte précédent évoquait le peu de liberté dans l’élevage de moutons, et avait une note amère (même carrément morose). Je souhaitais l’équilibrer par un texte enthousiaste, soulignant la polyvalence heureuse des petites exploitations. Je voulais défendre l'idée qu’il suffit d’être courageux et créatif pour réinventer une profession, qu’il faut aborder ce métier avec un regard moins cloisonné, afin de s’épanouir et mieux gagner sa vie. Et puis j’ai commencé ma rédaction… et la conclusion s’avère sinistre.
          Cher lecteur, je vous prie de m’excuser de ces constats si lugubres et m’engage à proposer la semaine prochaine une vision plus vivifiante de la ruralité!
Bergère 13 2© Claude Hubert
Lorsque j’ai créé mon exploitation, tout était à faire: trouver du foncier, semer des prairies, les clôturer, (me battre contre le reste du monde), sélectionner ma souche de reproducteurs, créer un esprit collectif entre toutes les brebis pour que le troupeau trouve son unité, apprendre à conduire un tracteur et une bétaillère, observer mes sols, interpréter les incidences de la météo et le comportement des animaux, commercialiser ma viande, me former aux soins vétérinaires de base, rembourser mes emprunts et apprendre à survivre sans argent… Les premières années furent épuisantes et très angoissantes! Et surtout ascétiques, la tête dans le guidon, dénuées de vie culturelle et sociale. (J’étais même suivie par une assistante sociale octroyée d’office).
Bergère 13 3
Et soudain, au bout de 3 – 4 ans, j’ai sorti la tête de l’eau: toujours vivante avec l’impression d’avoir fait le plus dur ! Mes bricolages étaient à peu près fonctionnels, le troupeau avait trouvé son rythme de croisière, j’ai enfin entraperçu un avenir. Pas riche d’un potentiel infini, hélas, car l’agriculture est soumise à des règles, faites de quotas et d’autorisations d’exploiter. On ne décide pas soi-même de s’agrandir ou d’acheter de nouvelles terres, cela passe par des commissions opaques... Je dispose ainsi d’un certain quota de moutons autorisés, que je ne peux pas développer. Mais ce quota est trop petit pour que je gagne ma vie (c’est rageant parce que le mode d’attribution est inéquitable, et que d’autres éleveurs se sont vus attribuer des nouveaux quotas en dépit des règles officielles).

Comme les contraintes rendent inventifs, j’ai dû réfléchir à une diversification. D’autant qu’une fois le troupeau occupé à brouter de l’herbe au printemps, les surveiller n’occupe pas une journée entière. J’ai écarté les possibles CDD d’hôtesse de caisse ou d’aide à domicile (les deux grands vecteurs d’emploi du coin) car avoir quitté un job parisien pour devenir caissière afin de financer un troupeau de moutons pas rentable… j’aurais eu l’impression d’une grosse plantade.
J’ai réfléchi à de nouvelles manières de valoriser ma viande, mais la contrainte principale est l’éloignement de l’abattoir. Parcourir 440 km pour vendre en direct un agneau, ça flingue un peu l’éthique locale du produit… et sa marge. Idem pour la transformation en merguez, caissettes de viande ou bocaux (on a fait des essais de terrine, mais après calcul du kilométrage entre les différents lieux de transformation, c’était absurde). Et l’investissement dans un véhicule frigorifique et une chambre froide sont disproportionnés par rapport aux marges que je peux espérer un jour réaliser. 
Bergère 13 5© Claude Hubert
Ce qui est certain, c’est que le manque de relations humaines et de diversité culturelle a aussi commencé à se faire sentir. Agriculteur est un métier solitaire, il m’arrive de passer des journées sans voir personne. Communiquer avec de vrais humains issus de milieux différents m’a alors vraiment manqué !
Comme notre littoral draine quelques estivants, j’ai essayé d’organiser des visites, pieds nus dans les prés-salés. Les premières ont été annulées faute de public… Mais au bout de 3 ans, de joyeux groupes se constituent chaque semaine! La balade se termine par un goûter et s’est enrichie d’une expo bricolée dans une cabane en pierre. L’énergie apportée par tous ces joyeux vacanciers me nourrit pour traverser l’hiver. J’ai quand même dû m’engager auprès de l’État à ne pas piétiner le sol, et promis de changer d’itinéraire à chaque balade.
Bergère 13 4© Claude Hubert
Puisque je suis limitée en production de moutons, j’ai cherché quelle autre matière première disponible localement (et non règlementée) je pouvais mettre en valeur. En tant que buveuse d’infusion, j’ai commencé à ramasser des plantes sauvages que j’ai fait sécher pour composer des assemblages aromatiques. Je cueille des fleurs dans les dunes, les prés-salés, les landes, les friches sauvages… Si le public local n’est pas réceptif à ma gamme d’infusions...
Boire du pisse-mémère? beurk!
... les boutiques-terroir fréquentées par des citadins fonctionnent assez bien. Cela m’incite à élargir la gamme et aménager un laboratoire "aux normes", qui nécessitera un nouvel emprunt financier… Mon labo n’est encore qu’en projet mais j’ai déjà reçu une menace de venir le contrôler de la part de la Chambre d’Artisanat et des Métiers (alors eux, ils ont des indics vraiment pointus). Doublée d’une injonction d’adhérer au diabolique RSI, parallèlement à mon statut agricole pour lequel je cotise déjà. Vive la liberté d’entreprendre?
Bergère 13 10© Claude Hubert
La convivialité en prend aussi pour son grade, alors qu’une prairie se prête naturellement à accueillir des fêtes ou concert. Pas de débit d’alcool autorisé si on n'a pas passé de licence, pas le droit de recruter des bénévoles pour griller des merguez s’ils ne sont pas déclarés et assurés. La chaîne du froid est-elle respectée? Où sont les éviers sans-les-mains? Tout le monde porte des gants jetables? Les conditions sanitaires de préparation? On conseille pas d’œufs ni de produits laitiers crus car si une seule personne est malade, tout risque d’être passé au peigne fin (si on n’a pas eu de contrôle inopiné dans la soirée). La déclaration SACEM a-t-elle été payée? (même pour un gars qui joue de la gratte tout seul) Un petit feu de camp? Désormais totalement interdit (avant on pouvait, mais en brûlant seulement des branches d’un diamètre inférieur à 7 cm). On peut toujours tricher, mais les rebellions sont tellement bien écrasées (gel des primes, débarquement de contrôleurs issus de plusieurs administrations,…) que finalement on évite.
Ils font vivre le territoire: La Planche à Laver, Butternut Trio et Lidwine
Ils font vivre le territoire: La Planche à Laver, Butternut Trio et Lidwine
Autour du mouton, je me suis bien dit qu’il y avait la peau (historiquement utilisée par les moines pour les manuscrits du Mont St-Michel), mais il n’y a plus de tannerie en France et les abattoirs ne veulent pas rendre les peaux aux éleveurs.
Et puis la laine bien sûr, la diversification qui semble la plus évidente, mais dont l’équilibre économique est très compliqué (subtile tournure pour exprimer que depuis 3 ans que j’explore cette filière, mes expérimentations me coûtent plus cher qu’elles ne rapportent). Une seule filature pratique encore le filage à façon, dans la Creuse, et il ne subsiste plus qu’une seule laverie dans le sud (submergée de boulot, et qui ne répond pas à mes relances depuis 8 mois). J’intègre progressivement les différents obstacles que je découvre, comme l’obligation de transporter les toisons dans un véhicule agréé pour les produits animaux. Ou le rejet de la "pure laine" par les consommateurs, au motif que ça gratte. Ils privilégient des mélanges d’acrylique, mérinos d’Australie et alpaga du bout du monde. Pas des pelotes de vraie laine locale. Devant le constat que ce marché à recréer est un énorme défi, on a formé un groupe collaboratif, composé d’éleveuses et de créatrices textiles. On ne gagnera sans doute pas un radis avant plusieurs années, mais ce sera une chouette réussite si on remet en route une filière technique pour valoriser les toisons des moutons normands. 
Bergère 13 8© Stéphanie Maubé
Fiscalement, une exploitation agricole a de la souplesse pour évoluer. On peut choisir de ne jamais descendre de son tracteur et s’éclater dans les grandes cultures, mais on peut aussi s’épanouir avec gîte rural, table d’hôte, tourisme vert ou accueil pédagogique, transformation artisanale… En théorie, les possibilités de diversification sont nombreuses.
 
Mais quelle épuisante impression de devoir se battre contre des moulins à vents dès qu’on tente la moindre nouvelle idée. Et quelle étrange sensation de se sentir épié, dénoncé, et contrôlé… avant même d’avoir élaboré un nouveau projet!

Je comprends ainsi mieux le découragement ambiant dans le monde agricole, les dérapages maladroits car ces refus perpétuels rendent fou, et l’amenuisement du courage d’entreprendre.
Photo anonyme fort ancienne, où le bois qui brûle, à plus de 100 m de toute habitation, mesure moins de 7 cm de diamètre.
Photo anonyme fort ancienne, où le bois qui brûle, à plus de 100 m de toute habitation, mesure moins de 7 cm de diamètre.
Allez, on garde le cap en se disant que l’agriculture vit un tournant, que la néoruralité est dans l’air du temps, et qu’une génération de jeunes débrouillards est en train d’investir le terroir, avec plein d’énergie et zéro complexe!

"Une bergère contre vents et marées", épisode 12

"Une bergère contre vents et marées", épisode 12: l'élevage pour tous

Mis à jour le 17/04/2017 à 22H09, publié le 14/04/2017 à 12H00
Bergère #12 illustration© Claude Hubert
Le mouton, nouvel emblème de résistance aux rouleaux compresseurs administratifs? Oui! Car loin de se résumer à de paisibles créatures qui broutent de l’herbe, leur potentiel de contestation citoyenne est redoutable!
Ce week-end avait lieu l’Assemblée Générale de l’Association du Mouton Avranchin. Nous étions une vingtaine d’éleveurs à nous réunir pour travailler sur les projets de relance de notre race menacée.
La vie associative tient une grande importance en milieu rural. D’abord parce qu’il s’agit souvent de territoires peu urbanisés et parfois oubliés, et aussi parce que les associations sont le contrepoids nécessaire des institutions officielles. Je pense par exemple aux Comités des Fêtes et initiatives locales qui nourrissent la vie culturelle et touristique, parallèlement à la lourdeur d’un Office du Tourisme et sa politique parfois standardisée. Et encore plus aux associations agricoles, afin de ne pas laisser les Chambres d’Agriculture (dirigées par les syndicats) ou le Ministère de l’Agriculture (l’Etat) chapeauter les évènements agricoles!
D’autant qu’en milieu rural, il est aisé de faire vivre une association: on peut dégoter des petits budgets de fonctionnement, les élus sont accessibles et nous prêtent facilement des moyens techniques. Une facilité de mise en œuvre qui renforce l’envie de s’impliquer!
Bergère #12 1© Claude Hubert
Notre association moutonnesque se réunissait dans une salle prêtée par la Ville d’Avranches, où s’est ensuivie, après les incontournables bilans moral et financier, une boustifaille collective autour de gigots rôtis par Yves et Roger, éleveurs historiques devenus mascottes de notre nouvelle génération de bergers. A l’ordre du jour: préparer le calendrier des fêtes où nous sommes conviés. Ces manifestations sont des vitrines bienvenues pour exposer nos moutons au public, présenter notre démarche de sauvegarde et permettre aux citadins un peu gauches de découvrir la calinothérapie avec nos pelotes familières comme Chérubin!
 
Bergère #12 2© Claude Hubert
Ces fêtes et foires du dimanche, façon Comice Agricole, animaient traditionnellement les territoires. C’étaient des lieux d’échange sociaux et de convivialité forte, où l’on avale des sandwiches-saucisse et des bières dès 8h du matin, en devisant avec des inconnus sur la météo ou la croupe d’un animal. Un charme rétro, compatible avec une modernisation de l’élevage. Lors de notre concours annuel, une graphiste vient désormais sérigraphier en direct des motifs de moutons arty sur nos t-shirts. Les vainqueurs seront ornés de parures créées par une designer textile et une photographe pourra leur tirer le portrait dans son studio mobile, avec photoshopage et tirage instantané.
Mais en quelques années, trouver des éleveurs prêts à exposer des moutons est devenu difficile à cause des règles de plus en plus contraignantes. Cette année, une nouvelle règlementation a encore corsé l’affaire. Nous avons ainsi dû refuser de participer à certaines fêtes terroir auxquelles nous avions l’habitude d’être présents, au motif qu’il n’est administrativement possible à aucun de nos éleveurs d’amener ses moutons dans l’espace public.
 
Bergère #12 3© Stéphanie Maubé
Pour comprendre la noyade administrative, voici un florilège d’obligations quand on possède des moutons (même 5 moutons pour entretenir son jardin). Cet inventaire peut s’allonger selon le département, la saison, la nomination d’un nouveau directeur des services sanitaires, l’interprétation des textes européens par l’agent de contrôle, etc… Un casse-tête qui réussit parfaitement à décourager les particuliers possédant un bout de terrain. Qui souligne à quel point élever 3 brebis peut devenir un acte de haute résistance citoyenne! Et qui explique hélas pourquoi les éleveurs ont tant de difficulté à faire participer leurs moutons à des fêtes et concours.
Pour commencer, il est illégal d’élever secrètement des moutons. Les "détenteurs d’ovins" (selon le terme officiel) ont l’obligation de recenser chaque année leurs brebis et leurs agneaux. L’adresse de la prairie doit aussi être communiquée au Service Identification, qui peut procéder à des contrôles, car les moutons doivent porter deux boucles d’oreille, dont une électronique. Ces boucles montrent les numéros d’identification de l’élevage, sorte de carte d’identité de l’animal.
 
Bergère #12 4© Stéphanie Maubé
Si un mouton déménage, même pour aller brouter une autre prairie de sa ferme, son transport doit faire l’objet d’un "bon de circulation" en 5 exemplaires dévoilant toutes les infos: où va-t-il? Qui le transporte? Immatriculation du véhicule? Heure du chargement? Après le transport, ces informations devront être numérisées sur une plate-forme informatique avec code secret, afin d’en informer les services administratifs. Qui factureront à l’éleveur la gestion de ce dossier.
Le transport doit être effectué dans un véhicule certifié conforme et le conducteur détenteur du Certificat d’Aptitude au Transport d’Animaux Vivants. La camionnette de la ferme est bien sûr totalement illégale (pas de ventilation, robinet de purge obligatoire,… ), même pour transporter ses propres animaux dans son propre champ.
 
Bergère #12 5© Claude Hubert
Certaines maladies sont règlementées, et selon les saisons, des traitements sont obligatoires. Il y a quelques années, des producteurs bio avaient contesté la pertinence du vaccin obligatoire et discutable contre la FCO, qui provoquait de la stérilité chez les moutons adultes et des malformations mortelles chez les agneaux. Ils encouraient plusieurs centaines d’euros de contravention pour chaque animal non-vacciné.
Cette année, la FCO touche le Sud du pays, et puisqu’il faut une zone tampon de sécurité, la France se retrouve divisée entre la Zone Contaminée et la Zone Indemne, frontière qui passe au milieu de notre département! Les éleveurs du Nord Cotentin ne peuvent donc amener d’animaux dans le Sud Manche (et inversement) sans ce vaccin délivré par l’Etat, qui fait l’objet de deux injections à trois semaines d’intervalle, et qui doit être commandé plusieurs mois à l’avance par un vétérinaire référent.
Parmi les maladies règlementées: la brucellose ovine, éradiquée de France depuis 12 ans, mais dont le dépistage est toujours obligatoire. Un éleveur effectue à ses frais des prises de sang sur ses animaux tous les trois ans, et tous les ans s’il possède également une chèvre. Même traitement qu’il ait 5 ou 500 moutons! S’il n’est pas à jour de ce dépistage, il a interdiction de vendre des reproducteurs ou les amener dans des lieux publics. Ces prises de sang sont non seulement coûteuses (elles ne peuvent être faites que par un vétérinaire qui facture son déplacement) mais il arrive que l’émission du certificat sanitaire attestant qu’il est indemne lui soit facturé.
 
Bergère #12 6© Claude Hubert
Si l’éleveur envisage de participer à un "rassemblement d’animaux", il doit en faire la demande plusieurs semaines à l’avance au Groupement de Défense Sanitaire et prouver qu’il est en règle avec tout ce qui précède. Comme un éleveur est par nature pauvre et en retard dans sa paperasserie, il parvient rarement à tout combiner. Et comme les représailles peuvent avoir des conséquences graves (convocation par les services administratifs, contrôle de l’élevage, des fraudes, du bouclage, refus de délivrer des autorisations d’exploiter, huissier, pénalités, diminution des primes d’élevage, abattage forcé des animaux, etc), l’éleveur estime plus prudent de ne pas faire caracoler ses moutons sur la place publique. Les fêtes de l’élevage se dérouleront un jour sans éleveurs ni animaux…
 
Bergère #12 7© Stéphanie Maubé
Si le paragraphe que vous venez de lire vous a découragé et que vous voulez vous débarrasser des 3 moutons que vous avez acquis pour entretenir votre jardin, sachez que vous n’avez pas le droit de les tuer vous-même. Ils doivent être abattus dans un abattoir agréé, où vous ne pouvez pas les emmener puisque vous n’avez pas de numéro d’identification ni de véhicule aux normes. Les laisser mourir dans votre jardin? Hautement illégal car les cadavres doivent être enlevés par les services d’équarrissage, chez qui vous n’êtes pas répertorié. Et il ne faut pas que la Direction des Services Vétérinaires le sache, ils rédigeraient un rapport de maltraitance animale…
Cette multiplicité de règlements, rarement en phase avec la réalité, émane d’obscurs bureaux remplis d’ingénieurs. Ces contraintes affaiblissent la motivation des éleveurs à partager la passion de leur terroir, à faire connaître ce patrimoine collectif que sont les races locales, ou juste à communiquer de manière festive sur leur métier.
Envie de rébellion? Soyez un contestataire champêtre: élevez des moutons!

mercredi 26 avril 2017

9 ème Salon des Alpages aux Diablerets ( SUISSE)

L'organisation du 9e salon des alpages bat son plein. 

Le thème sera le suivant "Le montagnard est-il encore maître sur son territoire?". 

Programme spécial:
 Vendredi 13 octobre, 20h, projection du film "Un petit coin de paradis", soirée en hommage à la cinéaste Jacqueline Veuve .

Samedi 14 octobre: 


Parcours découverte à 10h30, conférence-débat à 13h30 conférence de Thomas Egger (directeur du SAB) en rapport avec le thème du salon.

Dimanche 15 octobre: 


Journée de l'hôte d'honneur avec apéritif, à 12h, démonstration chiens de conduite des troupeaux à 10h30 et 15h30.

Durant tout le week-end :


Stands de formation en rapport avec le thème du salon, projection de films, exposition d'animaux, restauration, artisanat, vente de produits régionaux.


Plus d'infos :


Salon des Alpages 2017

L’Association des Pâtres des Alpes du Nord

L’Association des Pâtres des Alpes du Nord
Nous sommes heureux de vous annoncer la création, jeudi 28 avril 2016 , de P.A.N , l’association des Pâtres des Alpes du Nord.
Cette création, soutenue par les autres associations de bergers de France, doit permettre de dynamiser et de fédérer la vie associative des bergers et vachers dans les Alpes du nord.
P.A.N a vocation à remplacer l’Association des Bergers de l’Isére, qui restait jusqu’à présent la seule association de pâtres dans les Alpes du nord. P.A.N accepte comme membres les bergers de toute la région administrative « Rhône- Alpes-Auvergne » en attendant et avec le souhait que se crée une association de bergers pour le Massif Central.
Si vous souhaitez nous contacter, vous pouvez Mathieu Erny au 07 81 46 62 11

Formation être salarié en élevage extensif

Formation être salarié en élevage extensif
DATES : 22, 23, 24 mai 2017
PUBLIC : Bergers salariés
EFFECTIFS : 8 à 12 personnes
DURÉE : 3 jours
LIEU : Lycée agricole de La Côte St André
LE PROJET DE FORMATION 2017
Il est centré sur la contribution du berger à gérer de manière efficace et responsable les ressources de l’alpage, à contribuer à la production de produits de qualité dans le respect des règles en matière de sécurité au travail.
POUR QUI ?
Bergers / bergères salariés aux dates du stage, (ou avec un emploi dans l’été – nous contacter dans ce cas).
POURQUOI ?
Bergers et bergères sont seuls en alpage, parfois éloignés des employeurs, prennent la responsabilité des troupeaux, la gestion d’alpages aux enjeux multiples. Alors, pour :
- Se retrouver, réfléchir au métier de berger
- Débuter une nouvelle saison dans de bonnes conditions,
- Partager et acquérir des connaissances et savoirs faire,
- Faire le point sur les actions en cours, échanger de l’information.
COMMENT ?
Cette formation allie pratique et théorie, sur un programme choisi par des représentants des bergers et des employeurs.
- Prévoir des vêtements de travail pour intervenir sur les troupeaux
INSCRIPTION :
Si vous êtes intéressés par cette formation, vous pouvez télécharger ci-dessous les documents, les compléter si besoin et nous les retourner dés que possible.
- le programme de la formation
- les modalités de restauration et d’hebergement
RENSEIGNEMENTS :
Véronique SAVIOZ
Fédération des Alpages de l’Isère : 04 76 71 10 20
Fax : 04 76 71 10 29
mail : federation@alpages38.org

mardi 25 avril 2017

«L'agneau me fait vivre» -

«L'agneau me fait vivre» - 10/04/2017 - ladepeche.fr

«L'agneau me fait vivre»

Agriculture - L'invité de la semaine : Sébastien Pajot, éleveur ovin à septfonds

Sébastien Pajot  a repris et développé le troupeau de  ses parents. Il compte aujourd'hui 250 brebis./Photo DDM,
Sébastien Pajot a repris et développé le troupeau de ses parents. Il compte aujourd'hui 250 brebis./Photo DDM,
Pièce maîtresse des repas de Pâques, l'agneau représente un créneau modeste mais rentable pour les éleveurs. A Septfonds, Sébastien Pajot assure un revenu régulier grâce à un troupeau de 250 brebis.
En période de Pâques, il s'achète deux fois plus d'agneau que d'habitude. En gigot, en côtelettes ou en souris, cette vedette culinaire va s'inviter, cette année encore, sur de nombreuses tables familiales. L'occasion d'aller à la rencontre d'un éleveur ovin dans le département. Sébastien Pajot, 39 ans est à la tête d'un cheptel de 250 têtes sur 50 hectares. Il nous a reçus dans sa bergerie de Septfonds.
Comment êtes-vous devenu éleveur ovin ?
Je me suis installé en 2010 après le décès de mon père. A Septfonds, on ne peut pas faire de fruits ou de céréales. On a des terres d'élevage. Au début, j'ai un peu hésité avec l'élevage bovin. Et puis, j'ai opté finalement pour l'ovin. Mon père avait déjà un petit troupeau de 90 brebis. C'était un point de départ. J'avais moins d'investissement à faire aussi.
Sept ans après, regrettez-vous ce choix ?
Non. Je ne me plains pas. Mais j'ai appris une chose : il faut être passionné pour être éleveur. Il faut être prêt à faire des sacrifices, à commencer chaque journée aux aurores pour nourrir les bêtes et finir tard le soir, le nez encore dans la gestion. Mais on a aussi la satisfaction d'être indépendant.
Au moment de Pâques, combien d'agneaux vendez-vous ?
L'année s'organise autour de trois agnelages, notamment celui de décembre qui permet d'avoir aujourd'hui les agneaux de Pâques. En trois semaines, je vais vendre 140 agneaux. Il y a une très forte demande en ce moment. Il ne fait pas manquer la période.
En quoi l'agneau de Pâques est-il si différent ?
Personnellement, je suis dans une démarche de label agneau fermier. Je ne fais pas de l'agneau de lait de 6 à 8 kg. J'élève et je vends des agneaux de 18 kg. Il a été nourri au lait de sa mère et n'a pas encore découvert les pâturages lorsqu'il est abattu. Sa viande est très tendre, à peine rosée.
Les cours sont-il corrects actuellement ?
On m'achète l'agneau autour de 140 €. En étant seul sur l'exploitation, je n'ai pas le temps de faire de la vente directe. Je vends à une coopérative qui effectue des collectes à Caussade et à Caylus.
A l'heure où le débat sur les aides européennes aux agriculteurs s'invite dans la campagne des présidentielles, à votre niveau, pourriez-vous vivre sans cette manne ?
Non. Bien sûr que non. Chaque année, entre toutes les aides (PAC, zones défavorisées...), je perçois à peu près 20 000 €. Sans cela, il ne serait pas possible de vivre de notre activité. Ou alors il faudrait vendre les produits à des prix d'or qui ne correspondent pas au pouvoir d'achat actuel des gens.

Une centaine d'éleveurs

Le Tarn-et-Garonne n'est pas un grand département producteur ovin. Cependant, la filière compte une centaine d'éleveurs de plus de cinquante brebis. Ces élevages sont situés dans les secteurs de Parisot, Caylus, Saint-Antin-Noble-Val, Montpezat-de-Quercy, Lauzerte et Montaigu-de-Quercy.