Au Nid de Brebis

Le Nid de Brebis


lundi 4 avril 2016

Les bergers, prolétaires de l’élevage, par Michel Didier (Le Monde diplomatique, août 2015)

Les bergers, prolétaires de l’élevage, par Michel Didier (Le Monde diplomatique, août 2015)

La présence du loup dans les montagnes françaises est une bonne nouvelle pour la biodiversité. Mais le retour de ce prédateur a révélé la vulnérabilité des troupeaux et la fragilité d’un mode d’élevage devenu très extensif. Sensibles à la préservation du pastoralisme et à la majesté des paysages, les promeneurs ignorent généralement ce que les alpages doivent à la persévérance des bergers.
Al’ouest, les falaises du Vercors se détachent sur un ciel bleu. François (1) garde 2 500 brebis à la Grande Cabane, dans la réserve naturelle des Hauts- Plateaux, qui s’étend sur 17 000 hectares. Une fois le pas du Fouillet atteint, une marche à travers une pelouse à nards (2) permet de découvrir un lieu mythique pour les bergers. Un chien de protection (3) finit de dévorer une brebis probablement tuée lors de l’attaque de loups survenue quelques jours auparavant ; dix vautours tournent autour de la carcasse.
François est accueillant. Cet homme solide, venu du monde de la mer, montre une passion et un savoir-faire remarquables. Mais son témoignage se charge d’amertume, voire de colère, dès qu’il aborde ses conditions d’embauche et de travail : « Je dois aller chercher l’eau avec mes propres ânes et assurer une présence continue auprès du troupeau pour prévenir les attaques de loups. Cela mériterait tout de même un peu de considération. »
Aurore connaît elle aussi le dilemme des bergers du XXIe siècle : vivre ce métier dans des conditions exécrables ou démissionner. Elle y a débuté à 18 ans et en parle toujours avec émotion : « Quand je vois les brebis qui sont belles et en bon état, je n’ai pas envie de partir. » Mais elle enrage devant l’offre de son dernier employeur : « Une caravane délabrée, qui prend l’eau, où le matin, en avril, il ne fait que 4°C. » Il y a quelques années, elle a été hospitalisée à Nice à la suite d’une intoxication au monoxyde de carbone dans sa caravane. Elle aspire à plus de dignité. Fatiguée du mépris des employeurs, elle se désole de ce qu’après chacune de ses démissions, toutes liées à son refus d’être mal logée, ils n’aient pas eu de mal à trouver des remplaçants frais émoulus de l’école du Merle, à Salon-de-Provence, ou d’ailleurs.
Le sort du berger révèle les contradictions de notre rapport à la nature. La plupart d’entre nous semblons de plus en plus attentifs aux bons produits, aux beaux paysages ouverts, donc entretenus, aux chemins de randonnée. Mais la société reste indifférente aux conditions de vie de ceux qui permettent tout cela. Beaucoup s’enthousiasment du retour des grands et fascinants prédateurs, se mobilisent pour la défense de l’ours ou du loup, mais ignorent le berger, généralement seul et en première ligne pour assumer les conséquences de ce retour.

Un travail solitaire et harassant

En France, le pastoralisme joue encore un rôle majeur dans l’élevage, en particulier pour les produits de qualité, comme les fromages ou la viande disposant d’une appellation d’origine protégée (AOP). Du printemps à l’automne, pour des durées variables selon les régions, des ovins (1,5 million), des bovins (430 000), ainsi que des chèvres et des chevaux sont gardés en pleine nature. Plus d’un élevage sur cinq (60 000) dépend des systèmes agropastoraux, qui occupent environ 5,4 millions d’hectares en pleine saison (4).
Le ministère de l’agriculture ne peut recenser précisément le nombre de bergers en France, mais on l’évalue à environ un millier dans les Pyrénées, plusieurs centaines dans les Alpes et le Massif central et quelques dizaines dans le Jura, les Vosges et la Corse. La présence d’animaux valorise les ressources et les pelouses des alpages, des parcours méditerranéens ou des milieux humides de la côte atlantique, autant de paysages façonnés depuis des siècles par l’homme et les herbivores domestiques.
Depuis la loi pastorale de 1972, les éleveurs s’organisent en groupements pastoraux qui gèrent collectivement l’exploitation des pâturages saisonniers. Malgré la responsabilité qui leur incombe, ces groupements embauchent les bergers à des conditions très précaires. Les difficultés du métier ont grandi avec le retour des loups, en provenance de l’Italie, à partir de 1992. Est alors apparue la grande fragilité de ceux qui doivent répondre à une injonction paradoxale, « protéger l’agneau tout en préservant le loup », sans en avoir les moyens. La situation de travailleur isolé se ressent durement, vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sept jours sur sept. Une pression psychologique pèse sur ceux qui ont la charge d’un patrimoine animal de plusieurs centaines de milliers d’euros.
Le berger de moutons se lève avec le jour pour emmener paître son troupeau, qui compte communément de 1 500 à 3 000 têtes. Il ne rentre à son chalet qu’à la nuit tombante pour préparer son dîner. En journée, quand les animaux se reposent, il soigne les brebis boiteuses. Le sommeil est court en plein été : « Lorsque les animaux n’ont pas besoin de soins et si les touristes ne font pas aboyer les chiens, il arrive que je fasse la sieste », raconte Serge, à peine la soixantaine et déjà usé.
Sur les alpages laitiers des Alpes du Nord, le berger se lève à 3 heures du matin pour traire les vaches. Le soir, Jean-Michel « ne se couche guère avant 22 heures ». Avec humour, Patrick décrit son état certains jours : « Je dors debout, d’un seul œil. » La journée est consacrée à aider le fromager et à borner les deux parcs amovibles quotidiens : un par repas. Le travail varie selon l’espèce animale, les lieux et le cours de la saison. Mais le métier a pour dénominateurs communs l’isolement, la solitude le plus souvent, le soleil, la pluie, le froid, des journées de onze heures. Eliane, qui transhume au col du Joly, face au mont Blanc, se souvient qu’en 2013 « il y a eu des chutes de neige chaque mois ». Au fil des ans, l’agressivité des éléments laisse des traces : « Je dois porter sans arrêt mes lunettes de soleil », rapporte par exemple Serge, dont les yeux ne supportent plus la lumière intense.
Les bergers doivent veiller aux besoins des bêtes tout en préservant la richesse des espaces naturels. Ils entretiennent des milliers d’hectares et produisent des biens matériels et immatériels. Ils gèrent le troupeau (gardiennage, suivi de l’état des animaux, détection des maladies, soins, traite), les ressources pastorales (calendrier de pâturage, entretien des équipements), l’environnement (relations avec les touristes et les différents partenaires, mise en place des mesures agro-environnementales, protection contre les prédateurs). Ces exigences multiples expliquent sans doute le nombre croissant de diplômés parmi eux. Les femmes sont bien représentées. En revanche, la durée moyenne d’exercice n’est plus que de cinq ans pour les hommes et de deux ans pour les femmes. Beaucoup abandonnent rapidement, mécontents des conditions de travail, de la faiblesse des rémunérations et du non-respect du droit du travail. « A la fin de mon embauche, mon patron a refusé de me régler les congés payés auxquels j’avais droit », raconte par exemple Pascale.
La majorité des bergers est en effet constituée de salariés d’exploitants agricoles éleveurs, essentiellement organisés en groupements pastoraux. Leurs contrats de travail reposent sur la convention collective agricole du département où ils exercent. Lorsque ce contrat respecte la réglementation, ils sont payés au taux horaire du smic, sur la base de quarante-quatre heures hebdomadaires, alors qu’ils travaillent infiniment plus.
La plupart des contrats sont à durée déterminée, ce qui engendre des difficultés de garantie d’emploi, de planification des formations, d’accès aux prêts bancaires. « J’ai effectué sept saisons consécutives sur le même alpage ; ma vie familiale s’organise. Mais, chaque année, le groupement pastoral peut très bien m’annoncer qu’il ne reconduira pas mon embauche. Dans ces conditions, comment envisager sereinement l’avenir ? », lâche Leïla.
Les bergers ne sont plus toujours seuls ; ils vivent souvent avec leur famille. Chaque printemps, il leur faut donc quitter leur domicile, organiser le déménagement et la scolarité des enfants, et accepter des logements généralement rudimentaires, malgré les normes en la matière fixées par l’arrêté du 1er juillet 1996. Leur implication est forte dans l’amélioration de l’espace pastoral. Grande est alors la colère quand les employeurs décident, sans cause réelle et sérieuse, de licencier un salarié après plus de dix ans de services pour embaucher quelqu’un d’autre.
Une balade à travers l’arc alpin montre que la situation n’est pas forcément meilleure ailleurs. « En Suisse et en Italie, le sort des bergers roumains et kosovars est dramatique. Ce sont des travailleurs précaires, assujettis à leur patron et au troupeau, avec des salaires inférieurs à 1200 euros — pour ceux qui sont salariés —, des conditions d’hébergement déplorables, et sans protection sociale », expose Guillaume Lebaudy, ethnologue et directeur de la Maison du berger. On voit aussi venir des professionnels d’Europe centrale dans les Alpes françaises.

Toujours autant de candidats

L’amélioration des conditions d’exercice du métier bute paradoxalement sur l’attrait qu’il exerce. Les éleveurs trouvent toujours des gardiens de remplacement. Le métier jouit d’une image de rêve qui le fait souvent apparaître comme une possibilité de reconversion. Responsable de la formation de berger au Centre de formation professionnelle et de promotion agricole de La Motte-Servolex (Savoie), Mme Bernadette Tasset explique que « les candidats sont portés par un désir de se reconstruire à partir d’une activité de plein air avec des animaux ». Les stagiaires ont des profils variés, souvent éloignés du monde de l’élevage. Exemple avec Gérard, qui téléphone à l’Association des bergers de l’Isère : « Je cherche un alpage pour cet été. Je suis cuisinier à Chamrousse. J’aimerais changer. »
Pourtant, l’apprentissage du métier passe par l’expérience acquise au cours de plusieurs estives, comme le montre Dominique Bachelart, de l’université de Tours, qui a étudié les parcours des bergers (5). « La montagne, on ne la connaît bien qu’au bout de trois ou quatre saisons », estime un autre Gérard, septuagénaire. Les premiers soirs, Florence pleurait au milieu de ses 600 bovins sur 800 hectares. La fatigue, les animaux indociles, la solitude la faisaient craquer. Les années suivantes furent moins difficiles. « Seuls les bons souvenirs nous font remonter », observe Dominique, devenu accompagnateur de moyenne montagne. Le pastoralisme a besoin d’individus aux compétences multiples, autonomes et capables de prendre des décisions rapides face aux aléas météorologiques et à toutes sortes d’événements imprévisibles.
Des propositions ont été faites en 2001 par un groupe interministériel à Vic-en-Bigorre : recours aux contrats à durée indéterminée intermittents, développement de la pluriactivité. Il s’agissait de définir des conditions de travail et des garanties minimales, dont celle de retrouver son emploi la saison venue, pour les salariés. Mais, quatorze ans plus tard, la situation n’a guère évolué.
Aucun syndicat de bergers n’existait avant la création du Syndicat des gardiens de troupeaux de l’Isère. La démarche effraie tous ceux qui craignent de heurter les éleveurs et de perdre leur emploi. Or elle garantirait une présence dans les commissions mixtes, nécessaire à la reconnaissance du métier. Le rapport interministériel le rappelait : « Un accord doit être conclu entre une ou plusieurs organisations syndicales représentatives de salariés d’une part et d’employeurs d’autre part. » En Ariège et dans les Hautes-Alpes, des négociations ont déjà permis de mieux encadrer les conditions d’embauche.
La précarité actuelle et le manque de reconnaissance envers le travail d’intérêt général effectué par les bergers tranchent avec le statut dont ils jouissaient jadis. Au XVIe siècle par exemple, explique le psychosociologue et anthropologue Patrick Schmoll,« le berger est celui qui connaît les animaux, sait les nourrir, repérer et prévenir leurs maladies, les soigner. Sa compétence est reconnue par les communautés qui le logent et le rémunèrent, à l’instar de l’instituteur au XIXe siècle (6) ».
Michel Didier
Berger, médecin vétérinaire, fondateur du premier syndicat des gardiens de troupeaux de l’Isère.

Soutenez-nous !

L’existence de notre journal ne peut pas uniquement dépendre du travail de la petite équipe qui le produit, aussi enthousiaste soit-elle. Nous savons que nous pouvons compter sur vous.
Faites un donAbonnez-vous

(1) Les personnes ayant accepté de témoigner ont souhaité que leurs noms de famille ne soient pas mentionnés.
(2) Graminées à feuilles piquantes, délaissées par les animaux.
(3) Les bergers utilisent des chiens de conduite, dits chiens bergers, pour guider et ramener leurs troupeaux, et des chiens dits de protection, qui restent en permanence avec les brebis pour les protéger des intrus. La race la plus utilisée en France est le chien de montagne des Pyrénées, ou patou.
(4) Selon l’Association française de pastoralisme (données de 2000).
(5) Dominique Bachelart, Berger transhumant en formation. Pour une tradition d’avenir, L’Harmattan, Paris, 2002.
(6) Patrick Schmoll, « Une organisation paysanne sous l’ancien régime : la confrérie des bergers du Haut-Rhin », Annuaire de la Société d’histoire des régions de Thann-Guebwiller, t. XX, 2000-2003.

samedi 2 avril 2016

ALEXANDRE, FILS DE BERGER

LES MERCREDIS DU ROYAL A GAP

ALEXANDRE, FILS DE BERGER

 
Présenté par Anne et Erik Lapied
Durée : 69 minutes
Réalisé par Anne, Véro et Erik Lapied en 2014



 

Alexandre vit dans un village de montagne et, depuis sa petite enfance, garde l’été avec son père un millier de moutons. Fernand lui transmet tout ce qu’il sait de cette vie d’alpage. Il doit gravir les pentes escarpées, apprendre à travailler avec les chiens et conduire le troupeau, reconnaître les plantes, attraper la brebis boiteuse.
A plus de 2000m d’altitude, dans des cabanes inaccessibles par les pistes, sous les étoiles ou l’orage qui gronde, ils vivent au-dessus du monde une belle complicité. Cette année, le passage du Tour de France, l’héliportage ou la fête du village vont ponctuer l’été, mais Alexandre espère avant tout gagner la confiance de Fernand pour garder seul le grand troupeau.
 


 


Appel à candidatures

Appel à candidatures

APPEL À CANDIDATURES

15 mars 2016

APPEL À CANDIDATURE POUR L’ATTRIBUTION DE BÂTIMENTS AU MAS RAZAL ET AUX MARRES

La Société Civile des Terres du Larzac (SCTL), gérante d’un patrimoine bâti et non bâti de 6 300 ha sur le plateau du Larzac, met à disposition sous forme de prêt à usage gratuit des bâtiments pour un usage d’habitation principalesur deux lieux différents, nord-est du plateau du Larzac, Aveyron. Ces bâtiments nécessitent d’importants travaux de rénovation.
En acceptant le contrat de prêt à usage, les nouveaux preneurs adhèrent aux choix de gestion collective de la SCTL : le preneur ne deviendra pas propriétaire du bâtiment, ce bâtiment est prêté personnellement pour une durée définie. En contrepartie de la gratuité de la mise à disposition de ce bien, le preneur s’engage à restaurer le(s) bâtiment(s) et à respecter l’échéancier des travaux. A la sortie du preneur une valeur d’usage est calculée à partir des états des lieux d’entrée et de sortie, afin de l’indemniser des travaux effectués.

LIEU-DIT MAS RAZAL – COMMUNE DE NANT

Ensemble d’un seul tenant comprenant :
  • un parcellaire d’une superficie totale de 4ha 43a répartis en 2ha 31a de parcours, 1ha 55a de bois et 57a de terre ;
  • deux anciennes ruines restaurées :
    • un grand bâtiment de 216m²,
    • une jasse de 71m²,
avec gros œuvre en état mais l’ensemble des pièces reste à aménager. 
Pas de raccordement aux réseaux d’électricité et d’eau, présence de citernes.
Ce lieu est isolé, accessible par un chemin de terre de 800m situé sur la route Montredon / Pierrefiche du Larzac. 
Le zonage actuel du PLU (Plan Local d’Urbanisme) ne permet aucune nouvelle construction.
Le montant de la reprise (valeur d’usage) s’élève à 65 000 €.

HAMEAU DES MARRES – COMMUNE DE LA ROQUE STE MARGUERITE

Ancienne bergerie, située à l’entrée du hameau, composée de deux bâtiments contigus en pierre (voûte et charpente) formant un L d’une superficie totale de 83m² au sol. D’importants travaux de gros œuvre sont à poursuivre et l’aménagement intérieur à réaliser. Les compteurs d’eau et d’électricité ne sont pas installés. 
La bergerie se trouve sur la parcelle cadastrale F 48 (5a 06ca), avec terrain attenant de 13 ares. 
Le montant de la reprise (valeur d’usage) s’élève à 6 000€.

PRÉSENTATION DU DOSSIER DE CANDIDATURE

Pour chacun de ces deux lieux, il est demandé aux candidats de se présenter et d’exposer leur projet en précisant :
-  la disponibilité du montant de la valeur d’usage qui est à régler lors de la signature du contrat,
-  l’usage des bâtiments,
-  les modalités de réalisation des travaux : plan, matériaux utilisés, évaluation chiffrée, type de financement envisagé ainsi que la période d’exécution.
Un dossier complet (parcellaire, cartographie, plan avec superficie des pièces, modèle prêt à usage, devis coûts raccordements) est à votre disposition sur demande auprès du secrétariat.
N’hésitez pas à nous contacter pour toute demande d’informations complémentaires.
Pour les visites prendre rendez-vous auprès du secrétariat : 
05.65.62.13.39 / sctl@larzac.org
Les candidatures sont à adresser par courrier postal à la SCTL.
Pour plus d’informations sur la SCTL, veuillez consulter le site larzac.org/s’organiser
Les candidatures seront closes le 15 juin 2016.
Montredon – 12100 La Roque Ste Marguerite 
- 05.65.62.13.39 - sctl@larzac.org – site internet larzac.org

vendredi 25 mars 2016

Centre Presse : Les races régionales : un patrimoine menacé

Centre Presse : Les races régionales : un patrimoine menacé

Les races régionales : un patrimoine menacé
Montmorillon accueille ce week-end une exposition avicole. Ces éleveurs préservent de la disparition des races régionales comme la poule pictave.
Gilbert Dulac, qui élève des poules pictaves à Montmorillon et Anthony Ré, juge européen.
Gilbert Dulac, qui élève des poules pictaves à Montmorillon et Anthony Ré, juge européen.
skerouanton
Au centre équestre, poneys et chevaux font place, jusqu'à ce soir, aux poules, canards, cobayes, lapins et pigeons de la 34 exposition de la société d'aviculture du Montmorillonnais. Cet événement attire chaque année 800 à 1.000 visiteurs. Ce week-end, 750 animaux sont présentés, parmi lesquels des spécimens de races régionales, qui ne doivent leur sauvegarde qu'à des éleveurs passionnés.
La poule pictave entre dans cette catégorie. « Cette race a été créée vers 1900 par le comte Lecointre, à Couhé, dans un but très précis, couver les oeufs des faisans, parce que les faisans couvent mal, explique Gilbert Dulac, qui élève une demi-douzaine de ces petites poules à Montmorillon. La poule ressemble d'ailleurs à la faisanne. Elle n'est pas lourde, elle couve bien et élevait les petits faisans. Aujourd'hui, avec les couveuses automatiques, tout cela n'a plus aucun intérêt. » Aucun intérêt industriel en tout cas. Car la pictave revient en force ces dernières années comme animal d'agrément: « Elle est très belle et on nous en demande beaucoup dans les expositions » se réjouit Gilbert. Et si le coq se montre souvent hargneux, « il défend bien ses poules », la race a de grandes qualités rustiques. « Elle est facile à élever et pond assez bien, elle se débrouille bien en extérieur avec ses petits, confirme Anthony Ré, juge européen en volailles, elle est très appréciée à l'étranger.» A Montmorillon, son rôle est de noter les qualités des différents spécimens présentés, selon les standards de chaque race. Pour la Pictave aux yeux dorés, il faut veiller à la silhouette générale, qui doit tenir dans un cercle parfait, avec une queue arrondie et une poitrine projetée. « Le principe est de croiser les poules et les coqs qui n'ont pas les mêmes défauts pour les éliminer. Mais il faut faire attention car une race peut se perdre très vite avec les croisements consanguins, surtout dans le cas de la Pictave, où l'effectif est régional et donc assez réduit. »
Exposition nationale d'aviculture à Montmorillon. Au centre équestre (entrée de la ville, route de Lussac), de 9h à midi et de 14h à 17 h ce dimanche. Entrée 3€; gratuit moins de douze ans.

samedi 12 mars 2016

La Lettre aux Bergers

La lettre aux bergers 

Salut à tous !

Ce message pour dire que la lettre aux bergers existe et continuera à exister que si vous écrivez.
A vos plumes donc !!
Il y a urgence ,quelque soit le sujet EXPRIMEZ VOUS !
Envoyez vos textes avec photos si vous le souhaitez à :

ch-christiane@gmail.com

Christiane

lundi 7 mars 2016

Prix agro-biodiversité des races d'animaux d'élevage à faible effectif

Prix agro-biodiversité des races d'animaux d'élevage à faible effectif

Agro-biodiversité animaleLe patrimoine des races françaises retrouve des couleurs

| par   Terre-net Média
Le quatrième prix national pour l'agro-biodiversité, organisé par la Fondation du Patrimoine et Ceva Santé animale dote d'un prix de 20 000 euros les éleveurs et les filières qui participent à la valorisation économique des races françaises à faible effectif.
Prix de l'agrobiodiversité 2016Le jury du prix de l'agro-biodiversité animale axe son choix sur trois critères : la dimension économique du projet, son impact social et environnemental sur un territoire donné, et les actions de sensibilisation et de communication autour d'une race à préserver. 
Au même titre que nos "vieilles pierres", nos races font partie intégrante de notre patrimoine vivant. Grâce aux efforts d’éleveurs passionnés et du consentement à payer des consommateurs attentionnés (ne les oublions pas), la très grande majorité des races françaises dites menacées le sont de moins en moins. La majorité des races de bovins, chevaux, ânes, ovins, porcs, volailles ou chiens de travail sont aujourd’hui tirées d’affaires, même si leur avenir repose sur la bonne volonté d’une poignée d’élevages. Malheureusement ce n’est pas le cas dans le reste du monde, où selon un rapport de la FAO, environ 17 % des races d’animaux d’élevage sont actuellement menacées d’extinction et une centaine ont disparu au cours de ces dix dernières années.

LES CONSOMMATEURS ONT BESOIN D’ENRACINEMENT


Depuis quatre ans, le prix pour l’agro-biodiversité récompense les éleveurs qui s’engagent dans la préservation des races à faible effectif. « Un chêne ne pousse haut que s’il a des racines profondes, illustre Marc Prikasky, pdg de Ceva Santé animale, laboratoire français qui finance le prix de l’agro-biodiversité depuis sa création. Dans un monde de plus en plus mondialisé et globalisé, beaucoup de Français ressentent le besoin d’enracinement et de consommer local, ne serait-ce que de temps en temps pour se faire plaisir. C’est le cas par exemple de la filière dinde rouge des Ardennes qui correspond à un achat coup de cœur au moment des fêtes de Noël. Participer à sa mesure à la conservation des races françaises, c’est une façon pour nous de tisser un lien avec le travail de nos ancêtres. Et pourtant, l’objectif de ce prix n’est pas de récompenser "le pittoresque", ni une vision "zoo" de l’élevage, mais bien d’apporter une reconnaissance et une petite aide financière à des projets avec une véritable vocation économique, notamment via des filières courtes et le tourisme. »
En effet des dizaines de filières locales voient le jour, comme la dinde rouge des Ardennes, le veau de race maraichine, le porc noir gascon, ou encore le canard Duclair servit sur les meilleures tables des restaurants rouennais et « cuisiné au sang » devant le client ! En lien avec les éleveurs, les parcs naturels régionaux (PNR) participent souvent à la valorisation économique et à la promotion des races locales.

DE LA DIVERSITÉ POUR S’ADAPTER À L’AVENIR


Cachées derrière le mot fourre-tout de « races rustiques », ces races locales ne sont pourtant pas toutes peu productives. Et derrière certaines se cachent de véritables qualités parfois oubliées. « Biodiversité et patrimoine sont deux notions importantes dont nous avons besoin pour construire ensemble l’avenir des filières de l’élevage », estime Joël Merceron de l’Institut de l’élevage. En effet, cette diversité génétique est l’une des clés pour l’élevage de demain qui devra s’adapter au changement climatique, aux maladies émergentes ou pour produire dans des territoires et des conditions d’élevage difficiles (montagne, marais, plein-air intégral,..) et entretenir des espaces ouverts. On le voit avec l’engouement de certaines communes pour l’éco-pâturage avec des brebis Ouessant, Avranchin ou Solognotes ou bien le défrichage des garrigues à l’aide des chèvres du Rove pour limiter les feux de broussailles.  
Pour la plupart des races, il s’agit davantage de reproduction dans un but de « conservation » que de « sélection ». Et si les races à viandes parviennent à trouver des éleveurs, beaucoup de races laitières ou mixtes ont bien du mal à maintenir leur caractère laitier faute de performances suffisantes par rapport aux races spécialisées : vaches Bretonnes pie noire, Froment du Léon, Villars de Lance, Vosgiennes, chèvres Poitevines ou Lorraine, brebis Thônes et Marthod,…

PRIX NATIONAL DE L'AGRO-BIODIVERSITÉ ANIMALE

Au Salon de l’agriculture, sur le grand ring du Hall 1, trois projets se sont vus récompensés par la Fondation du Patrimoine, Ceva Santé animale et le ministère de l'agriculture.
Vidéo de présentation des trois lauréats (Ceva TV) :
1er prix pour l’Association des producteurs de dindes rouges des Ardennes : 10 000 €
La dinde rouge des Ardennes est une race locale très ancienne, connue depuis le XVIe siècle. Très proche de l’extinction, cet oiseau de basse-cour au plumage rouge fauve fut sauvé in extremis et relancé à partir de 1985. L’association regroupe une dizaine d’éleveurs qui développent et mettent en valeur les qualités gustatives de sa chair. La race progresse avec aujourd’hui une production de 10 000 dindes et dindons par an. « Les dindonneaux éclosent en mai et croissent lentement en plein air pour finir sur les tables à Noël. Pas de problème pour les dindes mais les dindons sont trop lourds et nous devons trouver d’autres débouchés avec des produits transformés et de la viande découpée », explique Cyriaque Godefroy éleveur dans les Ardennes. L’association souhaite investir pour développer les outils d’abattage de grosses volailles, de découpe et de transformation afin d’élargir sa clientèle. Le jury a été séduit par ce dossier construit, solide, et a souhaité, à l’unanimité, récompenser un combat de plusieurs années.
Dindon Rouge des ArdennesLe dindon Rouge des Ardennes est abattu pour les fêtes de Noël. (©APDRA-FDP) 
2e prix pour Adrian Rigal, éleveur de brebis raïoles (Aveyron) : 6 000 €
La brebis raïole appartient à la famille des races caussenardes qui regroupe également la lacaune (lait et viande), la caussenarde des garrigues, la causse-du-lot et aussi la préalpesdu-sud. La brebis raïole est une race des Cevennes à très petits effectifs (2 000 individus) qui a manqué de disparaître dans les années 1960 suite à des croisements anarchiques. Adrian et Lucas Rigal, jeunes éleveurs dynamiques, entendent accroître leur cheptel (composé actuellement de 240 brebis) et développer la vente directe des agneaux grâce à un atelier de découpe. Sensible au territoire, Adrian Rigal souligne l’importance de conserver un patrimoine, une identité, et, la Raïole est une race adaptée au terroir cévenol. Il souhaite étendre son projet d’agropastoralisme au niveau local (auprès des collectivités et des particuliers).
Brebis Raïole d'Adrian et Lucas Rigal avec Marc Prikazsky PDG de Ceva Santé Animale et François-Xavier Bieuville DG de la Fondation du PâtrimoineLes brebis raïoles d'Adrian et Lucas Rigal avec Marc Prikazsky, pdg de Ceva Santé Animale et François-Xavier Bieuville dg de la Fondation du Patrimoine. (©Terre-net Média) 
3e prix pour la filière locale Canard de Duclair avec le Parc naturel régional des boucles de la Seine normande (Seine-Maritime) : 4 000 €
C’est la localité de Duclair, en Seine-Maritime (Normandie), qui a donné son nom à ce canard. Il est issu de canards régionaux, en particulier du canard de Rouen. Face à la disparition du dernier élevage professionnel de canards de Duclair, le PNR a créé un conservatoire de canards de Duclair en 2014, afin de conserver la génétique de cette race en danger d’extinction dont le berceau se situe sur le territoire du parc. Le parc souhaite créer une filière locale et valoriser ce canard aux grandes qualités gustatives. Le jury a été sensible à l’aspect de sécurisation de la production d’œufs pour l’approvisionnement de la filière.
Canard de Duclair doit en partie sa sauvegarde à la recette du Le Canard de Duclair doit en partie sa sauvegarde à la recette très particulière du "canard à la Rouennaise" ou "canard au sang" extrait dans une presse spécialement conçue.  (©PNR Seinenormande) 
Découvrez la variété sur le site de races de France
Bretonne pie noireVache Bretonne pie noire.  (©Terre-net Média) 
Vache BéarnaiseVache béarnaise.  (©Terre-net Média) 
Vaches armoricaine et Froment du LéonVaches armoricaine et Froment du Léon. (©Terre-net Média) 
Vaches Béarnaise et BordelaiseVaches béarnaise et bordelaise.  (©Terre-net Média) 
Les moutons normands : Avranchin, Cotentin et Rouge de la HagueLes moutons normands : Avranchin, Cotentin et Rouge de la Hague.  (©Terre-net Média) 
Chèvres Angora élevées pour leur Mohair tondu deux fois par an.Les chèvres Angora sont élevées pour leur mohair, tondu deux fois par an. (©Terre-net Média) 
Chèvres du Rove aux cornes torsadées pour le défrichage des garrigues.La chèvre du Rove aux cornes torsadées est utilisée pour le défrichage des garrigues. (©Terre-net Média) 
Chèvre LorraineLa chèvre Lorraine compte à peine 700 individus.  (©Terre-net Média) 
Chèvre Poitevine, dont il reste encore un bon noyau laitier. La chèvre poitevine , compte encore une centaine d'éleveurs laitiers.  (©Terre-net Média)